Togo : les évêques en faveur des réformes

Le 17 septembre, les Togolais étaient appelés par leur Conférence épiscopale à se retrouver dans les cathédrales du pays pour prier ensemble pour le pays et pour que la mise en place des réformes. « C’est au nom de notre foi et non pour des raisons politiques que nous sommes rassemblés en ce jour afin de confier ensemble notre pays au Seigneur », disait la prière d’introduction au chapelet, lue à la suite de l’angélus, et qui demandait que les dirigeants « prennent conscience de la gravité de la situation et écoutent les appels du peuple ». Les évêques du Togo leur lancent un appel à mettre en place d’urgence les réformes prévues par la constitution, en même temps qu’ils invitent les citoyens à éviter « l’appel à la haine ethnique et à la violence », et s’inquiètent des violences que les forces de l’ordre exercent sur la population à la suite des manifestations.

Togo : Conférence épiscopale

Les évêques togolais

Après le chapelet a été lu le Message de la Conférence épiscopale, introduit par une citation d’Ézéchiel justifiant sa mission de vigilance et d’interpellation. Les évêques s’engagent clairement en faveur des réformes constitutionnelles[1], «  sans lesquelles il est impossible de ramener la paix et la cohésion sociale dans notre Pays », et condamnent les violences et la répression, ainsi que les appels à la haine sur les réseaux sociaux. Des appels particuliers sont enfin adressés :
Que l’armée reste neutre dans le débat politique,
Que les responsables des Institutions n’affichent pas leur appartenance politique,
Que les leaders politiques n’organisent pas aux mêmes dates des manifestations opposées, pour éviter les affrontements,
Que la population ne commette pas de violences sur ceux qui ne partagent pas les mêmes convictions politiques,
Que les fidèles prient pour la paix et pour le pays.

Depuis la parution de ce message et plus largement à la suite de leurs appels répétés, les évêques togolais sont régulièrement pris à partie par les partis et mouvements proches du pouvoir qui les accusent de vouloir diviser le pays.

Déclaration de la Conférence des Evêques du Togo

Annie Josse
Septembre 2017

[1] En particulier la limitation du mandat présidentiel qui pourrait devenir effective dès 2020.