Evreux-Boma : un jumelage ?

Le diocèse d’Evreux, un diocèse aux dimensions du monde….

Evreux-Boma : un jumelage ?

 

Du 5 au 18 juillet Monseigneur Nourrichard, évêque d’Evreux, se rendra dans le diocèse de Boma en République Démocratique du Congo accompagné d’une délégation composée de trois prêtres et trois femmes engagées en pastorale diocésaine. Une date peu favorable dit Mgr Nourrichard, mais il tient à répondre à la sollicitation de Mgr Cyprien Mbuka, évêque de Boma qui l’invite à être à ses côtés pour les ordinations sacerdotales. Mgr Nourrichard et Mgr Cyprien Mbuka se connaissent bien, ils se sont réciproquement visités et des liens privilégiés existent entre les diocèses d’Evreux et de Boma. Depuis une bonne dizaine d’années, des prêtres du diocèse de Boma sont en mission pastorale dans celui d’Evreux.

Evreux-Boma. Epiphanie 2014

Epiphanie 2014 dans le diocèse d’Evreux

 

A la suite du Concile Vatican II

A la suite du Concile Vatican II, des évêques belges ont voulu ouvrir leur diocèse vers d’autres Eglises et venir en aide à des diocèses plus pauvres en prêtres. C’est ainsi que dans les années 1970 des prêtres belges sont arrivés dans le diocèse d’Evreux, certains y sont encore. Les liens avec des diocèses de pays africains sont plus récents mais existent néanmoins depuis plus de 10 ans. Au départ, certains prêtres sont venus pour des raisons médicales. Aujourd’hui, ils sont 10 prêtres étrangers venus d’Afrique à œuvrer en collaboration avec les 51 prêtres européens de moins de 80 ans en activité dans le diocèse.

Des liens fraternels entre Eglises

Si toutes les Eglises de par le monde sont en communion entre elles, il n’est pas possible d’entretenir des relations fortes avec toutes. Pour manifester cette catholicité de l’Eglise, Mgr NOURRICHARD a choisi d’entretenir des relations privilégiées avec deux diocèses, celui de Dakar au Sénégal et celui de Boma en République Démocratique du Congo. Il connait bien chacun des évêques de ces diocèses. Ces relations privilégiées ne sont pas exclusives, aussi des prêtres d’autres pays africains sont au service du diocèse d’Evreux.

Les prêtres venus d’au delà des mers ne sont pas de simples suppléants, des prêtres de seconde zone, dans le diocèse d’Evreux, ils sont pleinement intégrés dans le presbyterium au même titre que tout prêtre originaire du diocèse, l’un d’eux fait partie du conseil épiscopal, il a été par le passé accompagnateur des séminaristes. L’insertion de ces prêtres ne fait pas, ou plus, problème à l’intérieur du presbyterium, un signe de cette insertion : certains d’entre eux sont élus pour faire partie du conseil presbytéral. Un séminariste qui sera ordonné prêtre le 18 juin en la cathédrale d’Evreux a été, il y a quelques années, envoyé faire une année de stage au diocèse de Boma, année qui s’est avérée être très positive.

Dans un diocèse très cosmopolite, marqué par l’intercultarité, les prêtres venus d’ailleurs sont bien accueillis par la population chrétienne, leur présence est source de dynamisme pour les communautés. L’universalité de l’Eglise se vit et se voit à travers les célébrations religieuses.

Conditions d’un accueil réussi

Un prêtre envoyé dans le diocèse d’Evreux, est toujours envoyé par son évêque. ‘Il est important que les évêques se connaissent‘ insiste Mgr Nourrichard. Il est essentiel que le nouvel arrivant se sente attendu, accueilli. Le fait d’avoir été devancé par d’autres prêtres du même diocèse facilite l’intégration. Une personne est mandatée pour accompagner le nouveau venu dans toutes les démarches administratives. Il lui est laissé le temps de découvrir les réalités locales, pour cela il est inséré dans une équipe pastorale, ce n’est que plus tard que lui seront confiées des responsabilités pastorales comme la charge d’un secteur paroissial. Il est aussi demandé à tous les arrivants de participer à la session ‘Welcome’ session organisée par le Service National de la Mission Universelle pour permettre une découverte des réalités socio-économiques, culturelles, ecclésiales de la France. Mgr Nourrichard lui même tient à avoir une relation personnelle avec les prêtres venus d’ailleurs, il les accueille volontiers pour un repas, les rencontre occasionnellement. Chaque année, autour de la fête de l’Epiphanie, il invite prêtres et religieuses étrangers pour une journée de rencontre : Eucharistie, partage du repas, partage de la mission et de la vie de chacun. ‘Il s’agit de vivre des relations humaines à la lumière de la foi’.

Des religieuses de congrégations autochtones, comme les sœurs du Saint Cœur de Marie de Dakar, sont présentes dans le diocèse et sont engagées à différents niveaux. Il y aurait place pour d’autres religieuses non françaises si l’insertion professionnelle était plus facile. Des liens se créent avec des entités diocésaines d’ici et d’Afrique, on peut penser qu’ils s’intensifieront lorsque la délégation rentrera de Boma en juillet.

Rendre visible la catholicité de l’Eglise

Si l’insertion pastorale d’une dizaine de prêtres venus d’ailleurs est un soutien important pour l’Eglise qui est à Evreux, leur présence dans le diocèse n’est pas seulement une question de solidarité, une aide apportée comme un palliatif aux manque de prêtres du terroir, pour Mgr Nourrichard, il ‘s’agit avant tout de manifester la catholicité de l’Eglise’, de vivre la ‘solidarité ecclésiale ‘ à travers des relations fraternelles vécues entre diocèses. Deux prêtres congolais du diocèse de Boma sont attendus à Evreux pour septembre 2017 et en 2018, un prêtre normand originaire du diocèse d’Evreux partira pour Boma. D’autres prêtres ont dit leur disponibilité au père évêque et sont eux aussi prêts à partir.

Ainsi se vit la solidarité et la fraternité entre Eglises, différentes et unies dans l’unique Mission : « Les jeunes Eglises ont besoin de la force des Eglises anciennes, et en même temps celles-ci ont besoin du témoignage et de l’impulsion des jeunes Eglises, de sorte que chacune de ces Eglises puise dans la richesse des autres. » (Christifideles laici 35)

Témoignage recueilli par Colette Bence
juin 2017